Au XVIIe siècle, Jean-Louis de Courbon, petit-fils de Jacques, transforme La Roche Courbon comme on peut le voir sur le tableau du peintre hollandais Jan Hackaert (1628-1685).
Le château est à l'apogée de sa beauté, entouré de somptueux jardins à la française qui verront le jour avant ceux de Versailles.
Le corps de logis s'ouvre à la lumière : de larges fenêtres sont percées au levant comme au couchant, le toit est muni d'ouvertures à la Mansart. Un élégant balcon est construit en avancée sur des arcs en anse de panier, soutenu par cinq colonnes d'ordre toscan.
Un escalier à double palier descend vers les jardins, bordés par le paresseux Bruant (petite rivière qui se jette quelques km plus loin dans la Charente).
Les abords sont harmonisés avec une esplanade épaulée, en surplomb du cours d'eau, par une haute muraille. Des arbustes enserrent cette ample terrasse, flanquée de deux pavillons Louis XIII coiffés d'ardoises en écailles de poisson, miracle d'élégance.

Un autre précieux document, signé vers 1710 par Claude Masse (1652-1737), architecte militaire de Louis XIV, montre que le corps de logis Est et deux puissantes tours n'existent plus. On pense qu'un incendie a détruit une partie importante du bâtiment.

La suite du XVIIIe siècle ne voit pas beaucoup de propriétaires sinon, en 1785, le marquis Sophie-Jacques de Courbon Blénac qui, pour 240 000 livres, retrouve le bien familial. Il se fixe au château, entreprend une suite d'embellissements : le monumental escalier de pierre desservant les étages pour l'intérieur et les grilles en fer forgé, armoriées, dans les jardins.

La Révolution survenant et le marquis n'ayant pas émigré, le château n'est pas vendu comme bien national. En 1817, sa fille vend le domaine aux enchères. Commence alors le long sommeil de La Roche Courbon, avant sa seconde renaissance au XXe siècle.

 
 
 

Aquarelle de Bourdeau