«Qui
veut sauver de la mort une forêt avec son château féodal
campé au milieu, une forêt dont personne ne sait plus
l'âge.» C'est en ces termes que paraît, en 1908,
une page écrite dans Le Figaro par Pierre Loti concernant
La Roche Courbon et ses entours.
En 1920, un saintongeais né à
Échillais (17), polytechnicien passionné d'art, Paul
Chénereau est ému par cet appel et promet au poète
qu'il sauvera La Roche Courbon. Il mène alors de front son
industrie de conserves alimentaires à Rochefort et Madagascar
et la Société du Domaine de La Roche Courbon qu'il
fonde en 1925 avec son père et l'un de ses frères.
Dès lors, il consacre son intelligence, un goût inné
et sa fortune à la restauration du Château et de son
écrin de verdure.
De 1928 à 1939, éclôt lentement
le jardin à la française que l'on peut admirer sur
les vues du domaine (cf.
Histoire des jardins).
Le château est remis en état et meublé. L'exceptionnel
cabinet des peintures (cf.
Visite du château), qui a beaucoup souffert de l'humidité,
est restauré. Paul Chénereau complète cet ensemble
ressuscité par deux heureuses innovations : dans les
combles du château, sous la charpente en forme de carène
renversée, la chapelle dédiée à Saint-Michel;
dans une grange agricole désaffectée, la construction
d'un théâtre, ennobli par un escalier à balustres
et une porte du XVIIe siècle.
La guerre de 1939-1945 passée, le domaine,
classé Monument Historique en 1925 pour partie et en 1946
dans son ensemble (château, jardins et parc), s'ouvre à
la visite.
C'est alors un enchantement pour les gens de la région que
de découvrir cette résurrection. Paul Chénereau
créera même, dans les années 1960, avec des
acteurs de la Comédie Française, un superbe Son et
Lumière. Sa réussite sera l'apothéose de sa
vie.
En 1967, il laisse à ses enfants, Marie-Jeanne
et Jacques Badois, la charge de maintenir le domaine. C'est au tour
d'un centralien de se battre.
Sur les bâtiments, avec l'aide de l'État, de la région
et du département, trois campagnes de restauration remettront
en état la Tour Nord, le corps de logis (charpente et toitures)
et la Tour Sud. Aujourd'hui, c'est à la restauration des
communs Nord (56 m de long) qu'il faut s'atteler : les voûtes
s'affaissent et menacent de s'écrouler. Une première
étape de mise sous étais de ces voûtes a été
menée à bien durant l'hiver 2003-2004. Une étape
suivante de consolidation des murs et de restauration des charpente
et toiture a été exécutée durant l'hiver
2006-2007.
En octobre 1990, un terrible incendie a dévasté un
bâtiment de 750 m2 appelé «La
Grange». Il a été restauré et accueille
maintenant des manifestations à caractère professionnel
ou familial (cf.
Locations).
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